Il y a des jours où je me dis qu'il vaudrait mieux rester ce petit enfant qui ne se souciait guère d'autre chose que de savoir à quoi il allait jouer le lendemain. Mais la vie est loin d'être aussi simple et naïve. Elle demande force et courage. Il y a alors deux catégories d'individus : ceux qui y arrivent et se donnent du mal et à l'inverse ceux qui échouent ou donnent peu. Je ne peux pas dire que j'en sais long, je n'ai qu'à mon actif seulement dix-sept années de pratique. J'ai tracé un petit bout de chemin d'où je vois de multiples routes qui s'offrent à moi. Mais je ne sais laquelle choisir. Il va bien falloir le faire ce choix pourtant. J'ai peur. Peur de me tromper. En fait, je suis surtout effrayée, par elle...la vie, la vraie. Dans quelques mois va arriver le moment où je devrai voler de mes propres ailes, livrée à moi-même. C'est tellement excitant et tellement terrifiant à la fois. Les projets fusent de tous les côtés. On imagine déjà notre vie, tous ensemble, là-bas. Ça sera si bien. L'impatience bouillonne. Tout se bouscule jusqu'à ce que l'on redescende sur terre. L'université, seule dans l'immensité de la foule, loin de ses repères, les responsabilités nouvelles, etc. Une part de moi voudrait fuir tout cela mais l'autre n'attend que de les saisir et de faire ses preuves. L'impression de ne jamais y arriver. Mais la volonté y est. Pour le moment, je n'en suis qu'à préparer mon bac, qui me paraît inatteignable. Je m'accroche, je fais de mon mieux. J'envisage la fac de psychologie pour ensuite devenir psychologue scolaire. Mais est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que ça me plaira vraiment ? Comment être sûre à dix-sept ans des choix que l'on entreprend ? J'ai peur, mais je m'accroche.
Voilà à quoi se résume la vie, s'accrocher, donner le meilleur de nous-même pour arriver à quelque chose qui en vaut à peu près la peine.